Kumbah Mela : entre quiétude et paradoxes

IMG_5671

Rainbow camp

Au bout d’une semaine, je suis enfin allée habiter dans le Rainbow Camp, qui était mon objectif premier. J’ai été surprise d’atterrir dans un camp un peu à l’écart, bien loin du flot de touristes et de gourous en tout genre, et beaucoup plus proche de la nature. J’ai découvert un vrai havre de paix, regorgeant d’ondes positives, où les mantras ne sont plus criés dans des hauts-parleurs, mais mélodieusement chantés à la guitare… Toutes les nationalités s’y côtoient dans une bonne humeur quotidienne, au milieu des troupeaux de moutons, et à quelques mètres d’un ruisseau alimentant le Gange. La baignade devient un vraie plaisir ! Les paysages de dunes de sable ainsi que les pâturages invitent à la méditation… Le repas se prennent en cercle après quelques chants, puis on fait passé le « Magic Hat » où chacun cotise selon ses moyens. Les journées s’écoulent « shanti shanti » (doucement) autours du feu ou au bord de l’eau. Certains dessinent, d’autres jouent de la musique, ou cuisinent, tandis que les plus courageux replongent dans la frénésie du Kumbah Mela.

IMG_5633

Le Gange au lever du soleil

Je me suis peu à peu laissée emporter par le tourbillon de spiritualité du Kumbah Mela, essayant de comprendre ce que cache cet engouement et ce qui gouverne la vie de tellement d’indiens… J’ai croisé de très nombreux européens, tombés amoureux de l’Inde, pour qui la méditation et le yoga ont changé leur vie ! Derrière les dérives pécuniaires, une vraie tradition se cache. J’ai rencontré plusieurs « yogi » qui n’ont pas hésité à quitter leur confort pour se consacrer au yoga à part entière, et même un « baba » qui a fait vœu de ne plus parler pendant 14 ans ! J’ai assisté au dernier bain important dès 4h du matin. Des indiens par milliers on

IMG_5628

Le naga sadhu qui m’a donné mon nom hindou

 

t afflué avec une grande ferveur vers le Sagham pour s’y purifier, tout en accomplissant quelques rites à la lueur de la pleine lune. Puis un large soleil rouge s’est levé sur les pèlerins, symbolisant une renaissance, une nouvelle vie, lavée de tous pêchés, plus proche du nirvana… Je m’immisce à petits pas dans ce monde spirituel, partagée entre la curiosité et le scepticisme. Un baba croisé par hasard m’a donné un nouveau nom hindou « Bambhole Giri » qui signifie « l’amour de shiva ». Un yogi m’a enseigné le yoga « Suny Namaskar » qui signifie la « salutation du soleil » : des mouvements très simples qui permettent de se décontracter et de s’assouplir.

 

Comprenant de mieux en mieux la culture indienne et l’hindouisme, je ne peux m’empêcher d’être surprise devant tant de paradoxes :

IMG_5580

les milliers de tentes du Kumbah Mela

– Les indiens vénèrent le Gange comme un Dieu, et pensent que ses eaux sont purificatrices car elles contiennent des bactéries spéciales. Pourtant, ses eaux sont détournées dans des barrages, et polluées par l’activité humaine. Rien que le Kumbha Mela a généré des tonnes de déchets plastiques… Quel intérêt de vénérer la nature par des rites, si on ne la respecte pas par des actions ?

– L’hygiène est un élément très important de la culture indienne. Il faut se laver d’une certaine manière, ne pas saluer en serrant la main pour éviter la transmission de microbes, etc Pourtant les rues sont jonchés d’ordures. Autour du feu sacré, on me sert un thé dans un verre en carton. A peine le thé fini, le baba jette rageusement mon verre dans la rue. L’espace autours du feu ne doit absolument pas être souillé par des déchets !! Comment espérer rester propre sur soit lorsqu’on pollue son environnement direct ?

IMG_5725

bain au Sangham à 4h du matin

– L’objectif ultime de l’hindouisme est de trouver la paix intérieure, pourtant l’Inde est le pays le plus bruyant et grouillant que j’ai visité. Les indiens semblent mener deux vies parallèles, celle où ils travaillent dans la plus grande frénésie, et leur vie privée où ils prient en silence… Difficile de trouver un équilibre dans ces deux mondes en opposition.

– Les sadhus ont décidés de se mettre à l’écart du monde et de vivre dans la mendicité. Certains vivent nus, couvert de cendre, les « nagas sadhu » pour symboliser leur rejet de la société. Et pourtant les dons affluent vers ces personnes de pouvoir. Ils sont adulés par la foule qui suit parfois leurs conseils aveuglément. Certains « babas » ou « gourou » engrangent ainsi une fortune, et mène une vie luxueuse bien loin de l’idéal hIMG_5711indou. Certains sont même impliqués dans la vente de drogue ou les activités de prostitution !

– La culture indienne rejette tous contacts entre les hommes et les femmes hors du mariage. Même un simple baiser répand de l’énergie négative ! De plus, les mariages arrangés ne permettent pas d’atteindre la félicité amoureuse. Cette situation permet-elle vraiment de se détacher des désirs ? Ou les rend-elle incontrôlables, source de tromperies, ou même de viol ?

Après un dernier plongeon dans le Gange, j’ai pris un bus pour Varanasi, nouveau lieu hautement spirituel…

Advertisements

Comment devenir indiens en 5 leçons

Si vous pensez qu’il est facile de se fondre dans la masse en Inde, vous vous trompez, être indien, c’est tout un art !! Tirées d’une exposition présente au Kumbah Mela, ces quelques images apprennent aux indiens comment respecter la tradition indienne !!

Porter les habits traditionnels indiens, pour protéger son corps des énergies négatives:

IMG_5494

Manger végétarien, pour n’avaler que de l’énergie positive:

IMG_5496

Se saluer sans se serrer la main, car c’est sale !

IMG_5495

Respecter les rites indiens, par exemple pour l’inauguration, casser une noix de coco:

IMG_5493

Et ne pas souffler des bougies pour un anniversaire, car c’est un acte négatif, une bougie ça s’allume, ça ne s’éteint pas !

IMG_5498

Et ce n’est qu’un petit aperçu, les règles sont en fait innombrables !!

Kumbah Mela: le Las Vegas de la spiritualité

IMG_5371

Tous les 12 ans, les indiens, ainsi que quelques touristes, affluent par milliers pour se baigner et se purifier dans le Sangham, lieu sacré où le Gange et le fleuve Yamuna se rejoignent (ainsi qu’un fleuve souterrain mythique). C’est le plus grand rassemblement humain au monde. Sur environ 60km² autours du Sangham, jouxtant la ville d’Allahabad, de très nombreux camps s’installent avec de simples tentes au plancher de paille. Chaque camp a son gourou, ses disciples, ses manières de vénérer son ou ses dieux. En arrivant de nuit, j’ai eu l’impression de débarquer au Las Vegas de la spiritualité : si tu paries sur le bon gourou, c’est gagné, sinon tu perds tout ton argent ! De larges portes avec des néons lumineux et des haut-parleurs hurlants des mantras ou des leçons de spiritualité 24h sIMG_5481ur 24h bordent les rues. De larges affiches ventent les mérites de tel ou tel gourou. On se croirait au supermarché du gourou. Il est possible de se promener des heures dans ce dédale de rues sableuses, en rencontrant des dizaines de gourous différents, de leur poser des questions, et d’obtenir autant de leçons de vie, de méditation, d’éclaircissements sur l’Hindouisme. J’ai rencontré des gourous qui fumaient du cannabis comme des pompiers avec des dreads jusque par-terre, d’autres qui pratiquaient le tantra et buvaient dans des crânes humains, d’autres appelés « naga », vivant tout nus et certains qui parlaient suffisamment anglais pour que je comprenne un peu mieux où j’avais mis les pieds!!

J’ai ainsi compris que l’hindouisme est un alliage de toutes les religions existantes, car n’importe quel dieu, quelle personne ou même quel objet peut servir de moyen pour l’âme d’accéder au « mokcha ». Il n’est pas rare ainsi de voir une famille se prosterner devant un hôtel composé d’une photo de Jésus, de Vishnu et d’un gourou… Dans de nombreux camps, les indiens vénèrent même un certain type d’herbe ! La façon n’est pas important, seul semble compter l’objectif. Les hindous distinguent quatre stades successifs :IMG_5424

– tarna : les obligations envers son corps, sa famille…

– art : le bien-être matériel obtenu par l’argent

– kama : les plaisirs de toutes sortes

– mokcha : l’état de non désir qui s’apparente à un sommeil sans rêve

L’objectif de tout hindou est d’atteindre le mokcha tout en étant éveillé. Certains poursuivent pour cela le « sadana », en contrôlant peu à peu tous leurs désirs grâce, entre autre, à la méditation et au contrôle de leur corps. Ils deviennent ainsi des « sadous ».

Le premier jour, j’ai simplement suivi le mouvement. J’ai commencé par partIMG_5313iciper à une leçon de yoga organisée dans notre camp (cette fois-ci je me suis pas endormie !). Puis j’ai assisté, avec d’autres étrangers, à un « Sat song » cad une leçon de vie donnée par Prem Baba. Je découvre un camp « le luxe » où il n’y a que des étrangers. Le club med de la spiritualité. De nombreux camps sont gratuits alors que là les prix sont exorbitants. Du haut d’une large scène bien décorée, Prem Baba explique l’importance d’être honnête envers soi-même, à une foule d’étrangers bien sages, à tendance hippie. Nous le suivons ensuite pour nous baigner dans le Gange (tout habillé pour les femmes). C’est sensé nous purifier, mais à la sortie, je me sens surtout très sale !! Je reste très sceptique devant tous ces « disciples » qui le suivent ainsi, certains depuis des années… Que sont-ils venus chercher ? Que cela peut-il bien leur apporter ? Cette spiritualité ressemble bien plus à un business lucratif pour le gourou, qu’à une vraie voie à suivre…

IMG_5485Au-delà de cette spiritualité à outrance, et de ces business douteux, je découvre surtout l’hospitalité indienne en m’attardant dans des tentes familiales, au hasard des rencontres. Les enfants et les femmes m’accueillent à bras ouvert, me faisant goûter à chaque fois des gâteaux et des sucreries différentes, à base de sucre de canne, de miel et de lait… J’apprends quelques rudiments de la cuisine et de la langue indienne… Les filles tracent des motifs au henné sur mes mains, me font des coiffures indiennes, et m’offrent même un sari en m’apprenant comment le porter ! Les hindous considèrent l’étranger comme un Dieu et je suis rapidement considérée comme un membre de la famille. Je découvre aussi une spiritualité plus vraie en rencontrant Iqbal, qui passe 9h par jour à accomplir des rituels. Il prend pourtant le temps de me faire visiter de nombreux endroits et de m’expliquer la culture indienne. Je découvre des similitudes avec la culture africaine, telles que les mariages arrangés, le respect de la belle-famille, le remise d’une dote, mais aussi plein de nouvelles habitudes (voir « comment devenir indien en 5 leçons »)…

Pour voir plus de photos, cliquer sur le lien:

IMG_5552

Agra: un hymne à l’amour

Nous sommes arrivés dans notre hôtel, avec une magnifique vue panoramique sur le Taj Mahal, juste à temps pour l’anniversaire d’Anaïs ! Une épaisse brume nous l’a peu à peu dévoilé, dans toute sa blancheur. C’est un somptueux édifice en marbre blanc incrustés de pierres. Mais pourquoi est-il tellement connu ? Il n’est pas plus beau que certains palais que nous avons déjà visités, et bien plus petit. Je pense qu’il est surtout célèbre car il symbolise l’amour absolu d’un maharadja envers sa femme, morte en couche. Ce maharadja n’aura pu admirer le Taj Mahal fini qu’à partir de la fenêtre d’une prison, où il a été enfermé par son propre fils ! Des millions d’indiens affluent chaque année pour rendre hommage aux dépouilles du couple, présents à l’intérieur. Tel un pèlerinage à la Mecque, ils font le tour des tombeaux, non au nom d’une religion, mais simplement de l’amour. Selon moi, le spectacle se trouve plutôt autours du Taj Mahal, dans cette foule de visiteurs venus des quatre coins de l’Inde. Toutes les régions, toutes les castes, tous les niveaux sociaux s’y mélangent dans un défilé de voiles, de saris et de bjoux.

Au bout d’un mois,  nos chemins se séparent. Audrey rentre en France et Anaïs et Mike continuent vers la Thaïlande… Mais que de bons moments partagés ensemble !! Et me voilà en route vers le Kumbah Mela, le plus grand rassemblement humain au monde qui dure un mois.

Jaipur / Ranthambore : lorsque le tourisme étouffe le reste

IMG_5039Nous arrivons bientôt à Jaipur, la ville rose. La légende raconte que la moitié de la ville fût repeinte en rose sur les ordres d’un maharadja qui souhaitait faire plaisir à sa femme. Nous embarquons dans un rickshaw chevronné, dont l’enceinte diffuse de l’électro-hindi entre chaque visite de palais. Après avoir accroché un vélo, nous nous faisons arrêtés par un policier pour cause de surcharge, et pourtant on a pas nos gros sacs cette fois-ci ! Il faut dire que nous sommes devenus spécialistes en tetris pour pouvoir embarquer à quatre dans les mini-ricksaws. La ville me semble moins belle qu’Udaïpur, ou même Jodhpur. Elle recèle pourtant de palais, de forts et même d’un observatoire en avance sur son temps, où les maharadjas pouvaient calculer les longitudes, les trajectoires et les azimutes des étoiles. Mais telle Mumbaï, la ville est congestionnée par les bouchons, les nombreux passants et les vaches en liberté. Il est difficile d’y retrouver la tranquillité qui devait y régner au temps des maharadjas…

IMG_5050Nous fuyons Jaipur, pour atterrir dans un autre haut lieu touristique : le parc naturel de Rantambore. Ceux qui s’imaginent profiter d’un espace naturel préservé vont être déçus. Il s’agit surtout d’une agglutination d’hôtels et de magasins d’artisanat autour d’une route où défilent sans cesse jeeps et bus en direction du parc. La visite ne dure que 3 heures, durant lesquelles on a pas le temps d’observer les paysages et les animaux, car seul le débusquage du tigre compte !! Alors quand on passe 2h à attendre qu’il veuille bien lever le museau pour l’apercevoir vaguement, on a vraiment rien vu qui vaille le détour…

IMG_5005Après quelques surprises épicées, je commence à vraiment apprécier la nourriture indienne : les chapatis tous chauds sortis du feu, les sauces colorées aux légumes variés, les lassis aux fruits et surtout le thé masala du petit déjeuner sont un vrai régal. Et si j’ai quelques hésitations sur la carte, je commande à présent mon classique « Malaï Kofta », une délicieuse pomme de terre en sauce, fourrée de noix et de fruits.

Blog d’Anaïs: http://unpayspeutencacherunautre.wordpress.com/2013/02/04/du-radjasthan-le-pays-des-contes-de-fees-au-desert-de-thar-le-territoire-des-chameaux/

Album photos: https://picasaweb.google.com/111067839791541444667/10eJaipur?authuser=0&authkey=Gv1sRgCKuQgoPT6fzdRg&feat=embedwebsite

Jodhpur/Osian : de la ville bleue au village du désert

IMG_4979Les hautes murailles du fort de Meherangarh dominent l’enchevêtrement de ruelles, de terrasses et de maisons bleues azures. Nous sommes arrivés à Jodhpur. Nous nous promenons dans les ruelles étroites en croissant des enfants rieurs, des vaches nonchalantes et des ânes surchargés. En route vers le fort, nous finissons dans des impasses abritant une vie tranquille, insoupçonnable depuis les rues bruyantes et grouillantes de marchands en tout genre. Arrivés au sommet, nous pouvons admirer le ballet incessant des femmes voilées étendant leur linge sur des dizaines de terrasses. Tandis que dans la rue, les artisans s’affairent à tisser, recoudre, sculpter, modeler ou peindre, dans une clameur hétéroclite.IMG_4965

Il est facile d’être fasciné par ses somptueux palais et forteresses, bâtis à flanc de falaise. Tantôt blanc ivoire, tantôt ocre ou rosé, ces vestiges du fastueux passé des maharadjas nous replongent de nombreux siècles en arrière, à une époque où l’on se battait à dos d’éléphants. Les nombreuses cours somptueusement sculptées, le dédalles des chambres et des pièces d’apparats, ainsi que tout un système de bains et de latrines avec eau courante, laissent imaginer le faste de ce temps-là. Les très nombreuses persiennes rappellent aussi les ranas, femmes de maharadjats, parfois femmes de pouvoir, mais bien plus souvent prisonnières des harems, ornés de persiennes pour qu’elles puissent observer sans être vues. Les traces de mains des satis, à la sortie, soulignent le triste sort qui était souvent réservé à ces femmes, brûlées vivent sur le bûcher de leur mari.

Nous ne nous attardons pas à Jodhpur, car nous partons passer une nuit dans le désert de Thar, à quelques dizaines de kilomètres. Notre promenade en dromadaiIMG_4989re nous laisse le loisir d’observer les maisons en torchis et en paille, tellement comparables aux habitations tchadiennes. Nous apercevons quelques rares potagers et champs de mil, au milieu des chemins sableux. Nous sommes accueillis dans une famille où quatre générations se côtoient, de 10 mois à 90 ans. Toute la vie s’organise autour de la cour intérieure, où l’on pénètre déchaussé. La belle-sœur en sari rose préparent les chapatis devant la cheminée, tandis que les frères traient les chèvres et le grand-père fume devant la maison. Les enfants partent au milieu des dunes encombrées de pans, leur sac d’école sur le dos. Peu développés en apparence, ces villages parsemés disposent de l’électricité et de l’eau courante depuis 2 ans.

Albums photo:

https://picasaweb.google.com/111067839791541444667/10cJodpurLaVilleBleue?authuser=0&authkey=Gv1sRgCL3C0s6yoL7x5wE&feat=embedwebsite

https://picasaweb.google.com/111067839791541444667/10dCamelSafari?authuser=0&authkey=Gv1sRgCOi24OGegL-pNg&feat=embedwebsite

Udaïpur/Bikaner : de la beauté d’un lac à celle des dunes de sable

DSCF1712Après plus de 30h de bus, nous arrivons enfin dans l’une des plus belles villes du Rajastan : Udaïpur. Nous y trouvons une chambre digne des mille et une nuits, avec une vue imprenable sur le lac et le city Palace. Nous ne nous lassons pas d’observer, de la terrasse ou de nos lits en alcôve, les couchers et les levers de soleil, ainsi que les femmes lavant et claquant leur linge sur les marches du Bagore Ki-haveli, dans un festival de couleurs, et les hommes faisant leur toilette sans grande pudeur. Nous y sommes par hasard au moment de la grande fête musulmane de Maouloud. La ville se pare pour l’occasion de nombreuses banderoles multicolores. Tous lesDSCF1662 hommes revêtent leurs plus beaux habits blancs, et les femmes de magnifiques saris multicolores. Ils déambulent toute la journée dans la rue au rythme de musiques entraînantes, s’arrêtant régulièrement pour profiter des boissons et des mets distribués gratuitement. Toute la ville est en liesse, même les rickshaws sont couverts de fleurs. Nous nous joignons à la fête, partageant thés et discussions dans les rues animées. Je passe le dernier après-midi à Udaïpur à vélo, autour du lac puis me perdant volontairement dans de petites ruelles aux tons pastels, loin de l’agitation touristique…

Dès notre arrivée à Bikaner, nous embarquons vers le Camel festival, aux portes du désert. Des dromadaires, mieux parés les uns que les autres, nous y attendent au milieu des dunes, sous un soleil de plomb. Certains ont même été tondus avec soin pour former de splendides arabesques. Toute la journée, diverses compétions se succèdent, du catch aux courses de dromadaires. DIMG_4787e nombreux étudiants viennent nous parler, pour améliorer leur anglais, faire des photos et mieux nous connaître. Certaines femmes essayent aussi de communiquer, bien que leurs connaissances en anglais soient plus limitées. Elles sont intriguées par nos bijoux, nos tatouages et nos tresses. Leurs saris rouges, oranges et roses sont encore plus beaux au milieu du désert, avec leurs longs voiles transparents laissant entrevoir des nombrils et de multiples bracelets scintillants. Le lendemain, nous suivons l’entrée des dromadaires dans la ville, suivis de chevaux montés par des barbus armés de sabres, et précédés d’un cortège de jeunes filles portant des jarres. Des remises de prix ainsi que des danses de femmes, et surtout de dromadaires, animent toute la journée !

Autres photos:

https://picasaweb.google.com/111067839791541444667/10bCamelFestivalBikaner?authuser=0&authkey=Gv1sRgCKmjmveC3JrNGg&feat=embedwebsite

https://picasaweb.google.com/111067839791541444667/10aUdaipurTheFairyTale?authuser=0&authkey=Gv1sRgCI-j3a-lyM_fWA&feat=embedwebsite