Les principes de la permaculture

  • Observer la nature car tout y pousse de manière naturelle sans besoin d’intervention extérieure. Tout y est également recyclé naturellement sans produire aucun déchet. Par exemple, l’arbre mort constitue la nourriture des champignons et des vers qui digèrent l’arbre et le transforme en humus utilisable par d’autres plantes. Quand on y réfléchit, c’est un système admirable avec un fort potentiel d’adaptation qui a traversé les millénaires ! C’est ce à quoi la permaculture aspire : produire (et même vivre) sans intrant et sans déchets.

« Ne serait-il pas intéressant de consulter la Nature, car elle est le meilleur jardinier de tous » Henry David Thoreau

  • Rétablir des connexions car dans la nature, tout est interconnecté. Si le plus petit animal vient à disparaître, c’est tout l’écosystème qui est en danger. Chaque animal, même le plus petit asticot, et chaque plante joue un rôle bien précis. Par exemple, l’arbre fournit une ombre agréable aux vaches qui se reposent. En échange, leurs excréments viennent apporter les nutriments nécessaires à l’arbre.  La permaculture tend à rétablir ces cycles naturels qui ont été complètement oubliés ou artificialisés par l’agriculture moderne. Comment espérer qu’un champ garde sa richesse naturelle alors qu’on y coupe du blé chaque année, sans rien lui resituer que des intrants chimiques ? L’homme doit devenir partie intégrante d’un écosystème comprenant sa maison, son jardin et les environs.

 « La terre produit suffisamment pour satisfaire les besoins des hommes, mais pas leur avidité » Gandhi

  •  Vivre avec la nature et ne pas se limiter à sa simple « utilisation ». L’homme moderne a tendance à vouloir faire plier la nature à ses besoins et à ses exigences, et non le contraire. Il en résulte un très fort appauvrissement des ressources naturelles et une forte pollution. Ces deux phénomènes vont de pair, ce qui est simplement « utilisé » et non restitué à la nature, l’appauvrit et la pollue. L’homme doit réapprendre à restituer ce qu’il prend à la nature : rendre l’eau de sa douche au sol, faire profiter les arbres de ses déjections et bien sûr produire le moins possible de déchets artificiels.

 « Le but ultime de l’agriculture naturelle n’est pas la culture des champs, mais la culture et le perfectionnement des Hommes » Masonobu Fukuoka

La permaculture est donc une manière de « cultiver son jardin » aussi bien au sens propre qu’au sens figuré. Elle nous enseigne non seulement comment vivre en respectant la nature, mais aussi avec les autres hommes. C’est aussi bien une manière de cultiver sa nourriture, que de construire sa maison ou d’élever ses enfants. C’est toute une philosophie de vie basée sur le respect et les échanges équilibrées. Peu à peu, c’est la communauté entière, le village entier, la nation, la planète entière qui doivent redevenir un seul et même écosystème.

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Dharamsala: enfin de la fraîcheur et de la verdure !

Le sud de l’IndeIMG_6576 étant devenu vraiment trop chaud, je suis allée me réfugier au pied de l’Himalaya. J’ai rejoint Iqbal (que j’avais rencontré pendant le Kumbah Mela) à New Dehli. Nous avons mis quelques jours à rejoindre doucement Dharamsala à renfort de trains et de bus locaux. Quel bonheur de ne plus avoir à me soucier de logistique pendant quelques jours : Iqbal s’occupe de tout, et en Hindi, c’est tout de suite beaucoup plus simple et beaucoup moins cher ! Mais il faut parfois rester patient, et savoir se contorsionnIMG_6567er pour enter dans un train ou un bus déjà bondé… Nous nous arrêtons en route à Chintpouni et à Kangra, deux hauts lieux de pèlerinage pour les indiens. Dans ces deux petites villes, pas un touriste en vue, mais une longue procession d’indiens vêtus dans tous les tons de jaunes, une marque de main boueuse dans le dos (symbole de la vache sacrée car fait avec un mélange de lait, et excréments), progressant lentement vers le temple. Des familles entières, du nouveau-né à la grand-mère, défilent ainsi devant des stands de livres spirituels, d’offrandes en tous genres, de bijoux et autres jouets pour enfants, menant vers le temple.

A mesure que nous noIMG_6756us approchons de Dharamsala, la route devient plus tortueuse, et les paysages plus somptueux. Notre bus serpente à fleur de montagne, dévoilant alternativement un joli court d’eau, un fort ou une horde de singes, puis soudain, la chaîne enneigée de l’Himalaya ! Nous élisons domicile au flanc de la montagne, à quelques pas d’une cascade. L’ambiance est très baba cool. On fait rapidement connaissance avec les voyageurs de passages, ou les hippies qui ont pris racines,IMG_6597 autours d’un chaï et d’une guitare. Iqbal déniche le meilleur cuisinier du coin, préparant chaque jour un nouveau plat typique du Penjab à un prix défiant toute concurrence. Chaque jour est une nouvelle aventure, à la découverte d’une  cascade, ou à l’assaut du pied de l’Himalaya (pour la cime, on attendra d’être mieux équipé)… Je visite bien sûr la maison du Dalaï-lama (avec une petite pensée pour Nana, Mike et Audrey J ), où je suis intriguée par les joutes verbales qui s’y déroulent entre les moines. J’y tourne quelques moulins à prières, pour être sûr de ne pas me perdre en montagne. Mais la maison de Dalaï-lama est avant tout un symbole, un cri sourd lancé par tous les Tibétains spoliés de leur culture, de leur pays, de leur liberté. Chaque jour, des immolations de jeunes tibétains perpétuent ce cri, pour qu’un jour le Tibet puisse retrouver sa liberté !

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Après ce grand bol d’air frais, je suis Iqbal dans son village natal, perdu aIMG_6820u milieu des montagnes du Penjab. Sa famille m’accueille comme une reine (ou plutôt comme une déesse, devrais-je dire, puisque les indiens considèrent l’inviter comme un Dieu). Je fais des progrès en Hindi et je découvre enfin la vie rurale indienne. Chaque maison dispose de l’électricité en continue et de l’eau courante de temps en temps. La famille d’Iqbal est Rajput, c’est-à-dire la caste des guerriers. Ils possédaient de très nombreuses terres dans le passé, mais elles ont été, en partie, redistribuées aux plus pauvres. Aujourd’hui, la famille vit modestement grâce à ses quelques champs de blé et ses quelques vaches et buffles. La journée commence à 5h30 par la traite des vaches, puis la préparation des chappattis pour le petit déjeuner. Ensuite, nous allons faucher le blé dans les champs entourant la maison. Puis, le père d’Iqbal emmène le bétail en pâture. La chaleur de l’après-midi marque le temps de la sieste. Je me régale de lassi maisons (yaourt typique indien) et de sauces à base de « curd » (genre de fromage blanc indiens), tout en progressant dans l’art de moissonner le blé à la faucille et de traire les vaches à la main. Un vrai bonheur !

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Auroville : entre idéal et réalité

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Matrimandir, centre spirituel d’Auroville

Auroville est né d’un rêve franco-indien, celui de Sri Aurobindo, leader politique et spirituel indien et de son âme-sœur française appelée « La Mère ». C’est probablement pourquoi ce lieu est aussi unique, alliant la spiritualité indienne à l’idéalisme français…

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Bassin à poisson, lieu de détente

Pourtant à mon arrivée, je suis un peu déçue en croisant des hordes de « touristes » à motos circulant entre des bâtiments de béton. J’avais plutôt imaginé un lieu de vie au milieu de la nature, où on ne se déplace qu’en vélo ou à pied ! Il faut avouer qu’Auroville est encore très loin de cette image. Cela s’explique du fait que la vocation première du lieu n’est pas l’écologie. Auroville est avant tout un lieu de paix, qui n’appartient à personne mais qui constitue l’héritage de toutes les nations. C’est un lieu d’épanouissement et de recherches spirituelles pour toute personne armée de bonne volonté. Aucune religion, aucun chef, peu de hiérarchie, 43 nationalités qui se côtoient, et des dizaines de communautés originales : voilà ce qu’est Auroville aujourd’hui. C’est avant tout une réponse à l’utilisation de la bombe atomique, à la folie meurtrière des hommes et à la nécessité imminente de créer un lieu hors des conflits, capable de réfléchir à l’unité de toutes les nations. Le contrat est-il rempli ? Difficile à dire, car Auroville est encore si jeune… Prévu pour accueillir initialement 50 000 habitants, Auroville ne compte aujourd’hui que 2 000 habitants permanents et il reste encore tant à faire pour suivre les plans initiaux…

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Acro-yoga

En y travaillant en tant que volontaire pendant quelques semaines, mes sentiments sont partagés entre admiration, questionnements et parfois déception. Bien que la moitié des habitants soit Indiens, je n’ai plus l’impression d’être Inde. J’entends parler français et allemand à chaque coin de rues, la boulangerie vend des croissants, et les jeunes filles se promènent en mini-shorts (non sans attirer les regards des jeunes indiens). Si on prend en compte la plage pas loin, et les nombreuses activités tels que yoga, danse et musique organisées toutes la semaine, on se croirait dans un Club Med hippie, tout le luxe européen avec le soleil en plus. Mais ce serait oublier les gens qui vivent ici toute l’année… Il est toutefois difficile de rencontrer ces « Aurovilliens », fuyant souvent les touristes…  J’ai ainsi parfois l’impression de ne découvrir qu’une facette d’Auroville…

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Ma maison en bambou !

Le travail de volontaire me laisse toutefois beaucoup de temps libre pour découvrir l’autre facette: celle de la vie quotidienne d’Auroville, en visitant des nombreuses autres communautés. Je découvre que chacune est différente, fonctionnant avec des volontaires étrangers ou des travailleurs indiens, avec des règles plus ou moins souples (végétarisme, alcool, horaires de travail…) et produisant plus ou moins de fruits, légumes et céréales. De nombreuses communautés fonctionnent avec des panneaux solaires, des toilettes sèches, des maisons en bambou et un système interne de traitement de l’eau. Certains ateliers sont spécialisés dans les constructions en bambou, la production de spiruline (algue très nourrissante et saine), de fromage, de savon bio ou l’artisanat… Même si Auroville est très loin de l’autosuffisance (les fermes produisent moins de 20% des aliments consommés), elle représente un magnifique creuset de réflexion, d’expérimentation et de rencontres. Des milliers de volontaires de toutes nationalités y défilent chaque année, échangeant leurs idées, leurs espoirs, leurs doutes… Même si ce n’est pas un modèle parfait, Auroville fait sans aucun doute avancer l’humanité vers plus de respect de la nature et des hommes.

Mais de grands défis restent encore à relever pour qu’Auroville puisse s’épanouir, tels que :

–      la diminution de la consommation très importante d’eau pour l’irrigation

–      une meilleure intégration des nouveaux habitants dans les communautés existantes

–      une augmentation de la production alimentaire, et des biens de première nécessité (savon, meubles, maisons…) et le tout biologique bien sûr

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