Tacompai, des huttes en bambou au milieu d’une forêt comestible

Dès mon arrivée à Tacompai, je suis charmée par le lieu, par toutes ces petites huttIMG_7662es en bambou perdues au milieu des bananiers, des arbres de teck, des champs de riz et des jardins. Je suis accueillie par Sandot, un thaïlandais toujours souriant, qui vit ici depuis 20 ans. Il a appris en observant la nature, et ce n’est qu’il y a quelques années, qu’il a découvert qu’il faisait de la permaculture sans le savoir ! Dans le village, il est surnommé amicalement « l’homme fou » car il fait différemment…

Aujourd’hui, de nombreux volontaires se succèdent dans sa ferme pour construire des maisons en bambou, installer des panneaux solaires, cultiver des champs de riz ou encore apprendre à faire des paniDSC_7188ers ou de la vaisselle en bambou. . Chacun travaille quand il le souhaite et les journées passent rapidement, même si elles sont parfois longues. Elles commencent dès 6h pour les plus courageux qui préparent les champs de riz ou plantent de graines de soja. Puis on prépare le petit déjeuner et Sandot nous donne le programme de la journée. On répare souvent l’une des nombreuses installations de bambou de la ferme, ou bien on plante des arbres ou on va travailler dans la jungle avec des familles thaïlandaises. Après une bonne matinée de travail, couverts de sueur, on savoure généralement un bon plongeon dans le bassin de rétention d’eau, l’eau la plus propre du coin !

Sandot est un vrai puits de savoir, et il n’est pas avare en conseils et en explications. Souvent, nous le retrouvons après le repas du midi dans laIMG_7660 « salle de classe » en bambou meublés de pupitres en bois pendus au plafond. Il prend le temps de répondre à toutes nos questions. Il nous explique comment est organisée sa ferme et la forêt autours, comment il utilise l’eau de mille manières astucieuses et génère de l’électricité. La discussion se prolonge parfois toute l’après-midi ou se poursuit par un tour de la ferme et une description des différentes plantes comestibles. Sandot nous donne même quelques recettes de cuisine. J’apprends ainsi à cuisiner le riz gluant, la soupe de fleur de bananier et les pousses de bambou. Un vrai régal, et quel plaisir de cuisiner ce qu’on récolte directement dans la forêt !

Je dois à présent rejoindre le Laos car mon visa expire dans quelques jours. Mais j’ai prévu de revenir à Tacompai dans un mois, pour y suivre un cours de 15 jours sur la permaculture. J’y laisse donc l’essentiel de mes affaires, et part en stop avec juste quelques kilos sur le dos. Quelle liberté !

Consulter le site web pour en savoir plus… 

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Si vous souhaitez être volontaire à Tacompai, vous pouvez contacter Sandot directement en remplissant ce formulaire EN ANGLAIS:

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Permapai, aux racines de la permaculture

Site web: http://www.permapai.com/

J’arrive à Paï, cette petite ville perdue au milieu des montagnes, et pourtant truffée de touristes. On dirait un village de vacances, les touristes se promenant en minishort dans la rue tandis que les Thaïs tiennent les boutiques. La ville regorge de restaurants végétariens et de boutiques de vêtements hippies. L’ambiance est très baba cool et bien éloignée de la culture thaïlandaise… Heureusement, dès qu’on sort de la ville, on se retrouve au milieu des rizières verdoyantes, où pâturent quelques buffles. Et en s’éloignant un peu dans la montagne, on découvre de magnifiques cascades.

Je retrouve David et Lilly, un couple germano-américain, qui a décidé, il y a trois ans, de créer une forêt comestible sur un terrain auparavant utilisé pour cultiver du riz avec des engrais chimiques. Il leur a fallu donc beaucoup de patience pour reconstituer un sol sein grâce au mulching et au compost. Ca n’est fait que quelques mois qu’ils accueillent des volontaires. Nous passons nos journées à planter des arbres, et à poursuivre la construction d’une maison en terre. J’apprends donc énormément en juste 10 jours. J’apprends, par exemple, à planter une haie coupe-feu, à faire du mulching avec des arbres, des feuilles de bananiers, et même du carton et surtout à mélanger les bonnes proportions d’argile, de sable et de fibres nécessaires à la construction d’une « adobe house ».

Les journées passent rapidement, les pieds dans la boue ou les mains dans la bousse de buffle. C’est donc un vrai régal de pouvoir se baigner directement dans la rivière le soir venu au milieu des lucioles, avant de déguster un bon petit plat de potiron au lait de coco. Je deviens aussi accro au lait de soja et au « dragon fruits ».

David et Lilly sont toujours prêts à nous faire partager leur expérience, mais aussi les leçons qu’ils ont tirées de leur projet. Les débuts ont été très difficiles car ils n’étaient que deux à s’investir. Il manquait donc de main d’œuvre et d’argent. Aujourd’hui s’ils devaient recommencer, ils insisteraient plus sur :

     La recherche de fonds, facile pour un projet de reforestation

     La communauté, où chacun s’occupe d’une tâche spécifique

  Les liens sociaux avec le village environnant, pour faciliter le développement du projet

Avant de quitter Paï, j’ai investi dans un magnifique ukulélé, de quoi animer mes futures soirées sous les étoiles (par ce que pour « autour du feu », il fait un peu chaud !)…

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Bien arrivée en Thailande !!

Finalement, je ne passerai pas par le Népal car il est pleut déjà trop pour faire des trekkings. Donc, nous redescendons rapidement vers Calcutta pour prendre un avion pour la Thaïlande ! En arrivant à Bangkok, changement complet de décor. Les saris ont disparus, pour laisser place à des minishorts et des tops moulants. Dans le métro qui nous amène à la gare, la jeunesse thaïlandaise est collée à des jeux sur téléphone. Bien loin de l’animation et du désordre indien, nous débarquons dans une ville aseptisée, climatisée, où les regards anonymes ne se croisent même plus…

Nous ne passons que quelques heures à Bangkok, à attendre le train. Là, je reconnais que c’est agréable de ne plus être compressée entre quatre passagers sur une banquette étroite. Par contre le train thaïlandais n’est pas plus ponctuel que son homologue indien ! Nous arrivons chez Pierre dans la nuit, ce qui ne l’empêche pas de nous accueillir comme il se doit, à la bière et au whiskey 🙂

J’ai rencontré Pierre lorsqu’il travaillait à Paris. Depuis, il s’est marié à une Thaïlandaise, s’est installé avec elle dans la région du Buriram et a ouvert une petite boutique sur le bord de la route. Nous passons de très bons moments avec eux à apprendre les rudiments du thai, planter du taro (on a l’impression de planter de simple bâton), cuisiner la « papaya salade » (attention très épicée) et faire des barbecues au bord d’un lac. Pierre vient d’investir dans un tuk-tuk, donc on se ballade partout avec, c’est bien pratique !

Après une semaine, je décide d’embarquer vers le Nord de la Thaïlande, alors que Fabien préfère partir vers le Sud. Nos chemins se séparent donc déjà. Mais il est vrai qu’il est difficile de voyager à deux lorsqu’on a pris l’habitude de voyager seule !

Je passe une journée à Chiang Mai à faire quelques courses en prévision de mon arrivée à Permapaï, un projet à ses tout débuts, sans électricité ni eau courante. J’en profiter pour visiter quelques temples magnifiquement ornés…

Photos:

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Le Sikkim, des montagnes protégées…

LeIMG_7273 Sikkim est une contrée perdue à l’extrême Nord de l’Inde, entre le Népal et le Bhoutan. Il faut un permis spécial pour y accéder, valable uniquement pour deux semaines. Et une fois sur place, on n’est pas au bout de ses peines, puisque d’autres permis sont nécessaires pour visiter certaines zones, et il est impossible d’éviter les agences de voyages coûteuses. En plus, avec la saison de la mousson qui arrive, il est impossible de camper. Bref, un vrai cauchemar pour les « backpackers » !

Nous passons quelques jours à Gangktok, la capitale du Sikkim. Nous nous promenons dans les alentours, à la découverte des monastères et des chutes d’eIMG_7285au, en nous égarant au passage dans quelques villages à flanc de montagne. Sur de petits chemins toujours aussi escarpés, nous découvrons des cultures en terrasse, des pépinières de riz vert tendre prêt à être repiqué et de petites maisons entourées de poules ou de buffles. Nous croissons beaucoup d’hommes et de femmes transportant de lourds fardeaux sur leur dos à la manière des « sherpas » à l’aide d’une lanière sur le front. J’aperçois même des femmes portant leur bébé sur le dos, comme en Afrique !

Le brouillard nous empêche d’apercevoir les cimes de l’Himalaya, et il nous est impossible de partir en trekking par nous-même. Du coup, nous décidons d’aller travailler 10 jours en tant que volontaires à la « Bamboo Retreat », un hôtel de luxe à quelques kilomètrIMG_7294es de Gangtok. En échange du gite et du couvert, nous expliquons aux jardiniers comment faire du compost et du « mulching » (couverture du sol avec des végétaux). Nous identifions également la 60aine de plantes médicinales du jardin, devenant incollables en différentiation de feuilles, d’odeurs, de fleurs… On retrouve quelques mets européens avec plaisir (céréales, pizzas, pâtes) tout en découvrant les vertus ayurvédiques des plantes du Sikkim. Au moindre rayon de soleil, nous partons à la découverte des environs en essayant d’éviter les sangsues. Nous nous baignons dans quelques chutes d’eau et assistons à une cérémonie bouddhiste dans le monastère de Rumtek, rythmée par d’énormes gongs.

Pour voir plus de photos (celles de Fabien), cliquer sur les liens ci-dessous:

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Bamboo retreat

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Gangtok