La ferme de Zaytouna: lorsque la permaculture devient un business

La ferme de Zaytouna, hébergeant aussi l’Institut de Recherche en Permaculture, est tenu par Geoff Lawton, un élève de Bill Molisson, le « pape » de la permaculture. J’étais donc très impatiente de découvrir cet endroit et d’y apprendre des tas de choses. Mais la déception a été à la hauteur de mes attentes !!

A mon arrivée, personne pour m’accueillir, j’ai l’impression d’arriver dans une ferme fantôme : aucun bâtiment, quelques tentes et des tipis démontés… Je finis par retrouver les 6 autres wwoofeurs à la cuisine, annexée à la maison de Geoff Lawton. La majorité du staff est en vacances, car les cours et les stages de permaculture viennent de terminer. La ferme est donc en mode « maintenance minimale » jusqu’aux prochaines sessions. Ce qui signifie de longues heures de travail pour les wwoofeurs sans aucune reconnaissance des propriétaires en Jordanie, un gaspillage d’œufs et de lait, et des jardins trop grands pour récolter tous les légumes à temps. Heureusement le rare staff présent et les autres wwoofeurs sont très sympas.

Je suis également surprise par la bibliothèque quasi inexistante, et le manque d’infrastructure pour accueillir des volontaires. Le camping est imposé et deux uniques douches sont censées satisfaire jusqu’à 40 résidents !  Un disque dur externe regroupe de très nombreuses données (documentaires, livres numériques…) de manière très désordonnée. L’apprentissage, plutôt que sur le terrain, passe donc par la fouille laborieuse de ces documents…

Mais j’apprécie tout de même les 10 jours passés à préparer le petit déjeuner, entretenir les jardins et la pépinière, traire les vaches, et surtout apprendre à faire du beurre ! Je découvre aussi la ville de Nimbin, son musée aborigène, ses glaces au chanvre et des sessions de percussions. J’ai même la chance de voir le marché artisanal local qui attire tous les hippies de la région…

Et voici les photos:

 

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La coopérative de Goolawah: jardinage au milieu des kangourous et des walabys

Je ne passe qu’une nuit à Sydney, mais j’ai le temps de visiter les coulisses de l’opéra (j’avais un cadeau d’anniversaire à remettre à une fille qui y travaille) et de flâner dans les nombreux jardins. Après 10 mois en Asie, tout semble plus blanc, plus propre, plus riche, plus sain ici. C’est une impression étrange : la ville semble lumineuse, verte, spacieuse, irréelle. C’est la première ville que je visite qui semble accueillante : tellement de parcs, de gens sympathiques et sportifs, et la mer à deux pas. Mais aussi tellement chère, encore plus que Paris. Je rejoins donc la coopérative de Goolawah dès le lendemain.
J’y redécouvre des plaisirs simples, tel que boire du lait et manger du fromage ! J’y découvre aussi de nombreux animaux sauvages (heureusement je ne croise aucun des serpents mortels), tout en travaillant dans le jardin. J’y prépare les lits, y plante de jeunes pousses et y réinstalle un système d’arrosage en goutte-à-goutte. J’apprends à faire de la bière, des vins fruités et je reçois ma 1ere leçon de surf ! Je découvre de magnifiques plages, sans personne, et tellement plus propres que les plages asiatiques. J’assiste aussi à mon 1er feu de forêt à deux pas de ma caravane, pas très rassurant ! J’en profite aussi pour mettre à profite mes nouveaux apprentissages, notamment en fabricant des lampes en papier journal.
Mais surtout, je découvre le fonctionnement de cette coopérative créée il y’a 13 ans par l’achat d’un immense terrain, revendu ensuite en « parts » pour 7 000 $ seulement. Les débuts sont lents, et seuls quelques « pionniers » s’installent véritablement sur leur terrain où tout est à construire. Mais aujourd’hui, à côté des caravanes toujours très présentes, des maisons de tôles et de briques émergent peu à peu au milieu des kangourous et des lacs de rétention d’eau. Chacun aménage son terrain et sa maison à sa façon, avec des nombreux jardins, toilettes avec compost et panneaux solaires. La communauté se réunie tous les mois pour discuter de nombreux sujets. En ce moment, les préoccupations sont tournées vers la reconnaissance de la communauté et des habitations par le « concile » de la région, qui n’est pas habitué à ce genre de projet alternatif. Ce sera donc sûrement un long combat pour faire accepter notamment les toilettes avec compost et les systèmes de traitements de l’eau grise…

Pour voir les photos:

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Si vous souhaitez être volontaire dans la communauté de Goolawah chez Larry et Griff, vous pouvez les contacter directement en remplissant ce formulaire EN ANGLAIS: