La ZAD de Notre-Dame des Landes

Poussée par la curiosité, je suis allée passer un week-end sur la ZAD de Notre-Dame des Landes. Ce séjour un peu court m’a tout de même donné un aperçu très intéressant du lieu…

Nous sommes arrivés en stop, et les derniers kilomètres ont été les plus difficiles. Notre apparence ne laissant aucune doute sur notre destination, y’aurait-il de la résistance des villages voisins ? Finalement, une voiture chargée d’alcool et de chiens nous embarque vers la zone de non droit. Nous croisons de nombreuses barricades de bric et de broc sur la route pour atterrir au milieu de quelques caravanes.

Le lieu est bien plus vaste que je ne l’avais imaginé. Des dizaines de collectifs se sont constitués dans des maisons construites bien souvent dans l’urgence avec quelques palettes en bois. La Chateigne a longtemps accueillis les visiteurs de passage, mais aujourd’hui le lieu est déserté. Nous atterrissons à Youpi Youpi ou nous sommes accueillis très chaleureusement par un thé, puis un lieu où dormir autours du poêle. La maison n’est pas grande mais très ingénieusement construite à partir de matériaux de récupération, avec un étage et une magnifique véranda.

Durant deux jours, nous arpentons la ZAD en croisant tous types d’habitants et de collectif : un jeune homme et son chien perché dans une tour construite en bois mort, une ferme qui produit du fromage, un collectif avec un grand four à pain, de nombreux jardins communs, une maison flottante… De nombreuses activités agricoles, culturelles ou militantes sont organisées toute la semaine et diffusées grâce à un journal local. Chaque semaine, un non-marché permet aux habitants de la ZAD de s’approvisionner en fruits, légumes, pain et fromage à prix libre.

Les tensions policières sont bien loin en ce mois de novembre, mais la bataille n’est pas pour autant gagnée. Toutefois, dans l’éventualité d’une victoire, l’après ZAD essaie de s’organiser… Le collectif « Sème ta ZAD », entre autre, a invité différents collectifs à venir témoigner et réfléchir à ce que pourrait devenir la ZAD sans aéroport. La situation n’est toutefois pas simple car certains terrains appartiennent encore à des agriculteurs, d’autres souhaitent récupérer leurs biens et enfin, les habitants de la ZAD ont des opinions et des visions très variées… En attendant, chacun essaie d’isoler sa maison à l’approche de l’hiver en essayant de garder ses pieds hors de la boue.

Et voici quelques photos: IMG_1876

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La ferme du collet: vers la sobriété énergétique

A l’occasion d’une formation sur la culture de la spiruline, j’ai eu l’occasion de découvrir la Ferme du Collet non loin des gorges du Verdon. C’est une communauté de 8 personnes installée depuis 2011 sur un terrain de 24 hectares.

La ferme se veut être un lieu d’expérimentation pour atteindre l’autonomie vivrière et énergétique en suivant les principes de l’agroécologie. Le terrain a été divisée en différentes parcelles entre les familles qui ont constitué ensemble une association appelée « Ecoagir ensemble » suivant une Charte bien précise. Cette dernière spécifie notamment une sobriété énergétique importante, refusant toute machine inutile. Ainsi Kathia et Bertrand font leur lessive depuis des années avec un lave-linge à vélo, s’éclaire avec de l’énergie solaire et des LED et se chauffent avec un magnifique poêle de masse construit maison. Même les roues à aube nécessaires aux bassins de spiruline sont alimentées grâce à l’énergie photovoltaïque.

Chaque famille a sa propre maison, son propre jardin, sa propre activité rémunératrice et les repas ne sont pas pris en commun. Ainsi Françoise et Diego, par exemple, se sont spécialisés dans la culture de céréales sur 1 hectare pour produire du pain, ainsi que la vente d’épices. La Charte a été quelque peu transgressée car ils se sont résolus à utiliser un tracteur pour la culture des céréales…

Toutefois, certains jardins et vergers sont gérés en commun et font l’objet de travaux en commun une fois par semaine. Des réunions collectives dans la salle commune ponctuent également la semaine (2 à 4 fois). Toutes les questions sont abordées qu’elles soient pratiques ou relationnelles grâce à une communication non-violente.

J’ai passé quelques jours avec Katia et Bertrand qui cultivent de la spiruline et vendent du fromage de chèvre. Ils sont crudivores instincto, cad très éloignés du chef de cuisine crue que j’ai rencontré en Turquie. Ils se nourrissent d’aliments très peu transformés et de plantes sauvages quand ils le peuvent. Le principe est de suivre son instinct pour se nourrir, ce qui est vraiment possible avec des aliments bruts, car la cuisson ou les mélanges d’aliments altèrent notre instinct…

Et voici quelques photos:

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