Bergers franciscains au cœur des montagnes

Une fois passé la magnifique ville perchée de Sisteron, nous nous enfonçons dans la montagne sur plus de 20 km . Après de nombreux virages, nous arrivons de nuit au milieu de la forêt. Nous déchargeons les deux mulets que nous avons dressé à la traction pour les propriétaires, et nous nous mettons en route dans le noir… Au bout d’une 20aine de minutes, nous arrivons devant de petites cabanes entourées d’ânes et de mulets, nous voilà enfin arrivé chez François et Corinne !

C’est ici, à 1 200 m d’altitude, au cœur de la nature, que François a décidé de s’installer, il y a presque 30 ans. Il a commencé par construire de petites cabanes rudimentaires en bois, avant de les relier à l’eau de source et à des panneaux solaires. Il y vivait seul avec ses brebis, chèvres, ânes et mulets et toute une basse-cours jusqu’à ce que Corinne ne le rejoigne.

Ayant adopté un mode de vie franciscain, sobriété et autonomie sont les maîtres-mots. Le chauffage et l’eau chaude se font au bois, les panneaux solaires alimentent quelques ampoules, mais les repas sont pris habituellement à la bougie. Le couple produit son propre pain et son propre fromage. Ils font du maraîchage et travaillent le sol à la traction attelée. Ils passent la majeur partie de leur temps dans la montagne, à garder leur troupeau de chèvres pour éviter les attaques de loups, très présents dans la région.

En été, ils accueillent quelques volontaires pour leur donner un coup de main grâce au site “Volontaires Nature”.

Et voici quelques photos du lieu:

franciscain 7 bis

Advertisements

La ferme du collet: vers la sobriété énergétique

A l’occasion d’une formation sur la culture de la spiruline, j’ai eu l’occasion de découvrir la Ferme du Collet non loin des gorges du Verdon. C’est une communauté de 8 personnes installée depuis 2011 sur un terrain de 24 hectares.

La ferme se veut être un lieu d’expérimentation pour atteindre l’autonomie vivrière et énergétique en suivant les principes de l’agroécologie. Le terrain a été divisée en différentes parcelles entre les familles qui ont constitué ensemble une association appelée « Ecoagir ensemble » suivant une Charte bien précise. Cette dernière spécifie notamment une sobriété énergétique importante, refusant toute machine inutile. Ainsi Kathia et Bertrand font leur lessive depuis des années avec un lave-linge à vélo, s’éclaire avec de l’énergie solaire et des LED et se chauffent avec un magnifique poêle de masse construit maison. Même les roues à aube nécessaires aux bassins de spiruline sont alimentées grâce à l’énergie photovoltaïque.

Chaque famille a sa propre maison, son propre jardin, sa propre activité rémunératrice et les repas ne sont pas pris en commun. Ainsi Françoise et Diego, par exemple, se sont spécialisés dans la culture de céréales sur 1 hectare pour produire du pain, ainsi que la vente d’épices. La Charte a été quelque peu transgressée car ils se sont résolus à utiliser un tracteur pour la culture des céréales…

Toutefois, certains jardins et vergers sont gérés en commun et font l’objet de travaux en commun une fois par semaine. Des réunions collectives dans la salle commune ponctuent également la semaine (2 à 4 fois). Toutes les questions sont abordées qu’elles soient pratiques ou relationnelles grâce à une communication non-violente.

J’ai passé quelques jours avec Katia et Bertrand qui cultivent de la spiruline et vendent du fromage de chèvre. Ils sont crudivores instincto, cad très éloignés du chef de cuisine crue que j’ai rencontré en Turquie. Ils se nourrissent d’aliments très peu transformés et de plantes sauvages quand ils le peuvent. Le principe est de suivre son instinct pour se nourrir, ce qui est vraiment possible avec des aliments bruts, car la cuisson ou les mélanges d’aliments altèrent notre instinct…

Et voici quelques photos:

IMG_1839

Longomai: un activisme ancré dans la réalité

Je suis venue y passer quelques jours, j’y suis restée quelques semaines, et à présent, je vis là-bas car c’est un lieu idéal pour faire l’apprentissage d’une vie en communauté autogérée…
Difficile de résumer en quelques mots ce qu’est Longomaï… Un lieu unique, c’est certain, de par son ancienneté, son histoire, sa vie très communautaire, sa taille mais surtout son militantisme politique et social. Ils n’aiment pas être qualifiés d’écovillage, ou même de communauté, ils préfèrent qu’on parle de collectif, qui continue à mener des luttes sociales, depuis 40 ans…
L’originalité est d’abord historique, car Longomaï a été créé par des militants français, allemands, autrichiens et suisses qui voulaient mettre en pratique leurs idéaux. Ces citadins ont donc décidés de s’installer sur 250 ha dans une région en voie de désertification. Les débuts ont été difficiles, entassés dans des maisons à reconstruire, dans le froid et parfois la faim… Tout en travaillant la terre, ils ont continué à mener la lutte politique en animant une radio libre (radio Zinzine), en aidant des sans-papiers et en obtenant la réouverture de l’école du village de Limans. Souvent critiqués par les médias, accusés d’héberger des sans-papiers ou d’être une secte, ils ont tenus bon.
Aujourd’hui 120 personnes vivent dans 3 magnifiques corps de ferme en pierres, ainsi que divers eco-constructions (yourte, caravane, fuste…). Un réseau de coopératives, spécialisées dans divers secteurs (filature de laine, débardage de bois, vinification, conserve de fruits et légumes…) s’est aussi créé autour du premier lieu. Au final, se sont près de 200 personnes qui vivent autours des mêmes idéaux en France, Allemagne, Suisse, Autriche et même Ukraine et Costa Rica…
Tout y est partagé : les repas, le travail, les fêtes et les revenus… Grâce à de généreux donateurs suisses, Longomaï peut continuer ses luttes sociales tout en accueillant de nombreux amis d’autres collectifs ou visiteurs à la découverte de modes de vie alternatifs…
Voici donc une brève présentation, mais il reste tant à dire encore. La suite au prochain numéro…

Et pour voir tout cela en images, cliquez sur la photo…

IMG_1757

La ferme de Malplaquet, produire pour survivre

En 1976, cinq familles décident de s’installer sur un terrain de 70 ha pour vivre en communauté, proche de la nature. Ils constituent un GAEC (un groupement d’agriculteurs) et démarrent des activités d’élevage et de maraîchage alors qu’ils ne sont pas du tout issus du monde agricole. Les débuts ont sûrement dû être difficiles, mais aujourd’hui la ferme compte un troupeau de 90 chèvres, de 50 brebis, 80 vaches, 4 chevaux, 2 cochons et de nombreux arbres fruitiers. Ils produisent chaque jour 400L de lait qu’ils transforment en yaourts et fromages pour les vendre sur les marchés. La majorité des membres du GAEC sont toujours présents bien qu’au bord de la retraite, et certains de leurs enfants sont en formation agricole.

Maintenant que la nouvelle génération s’apprête à reprendre la ferme, c’est l’heure du bilan. L’idéalisme des débuts a laissé peu à peu place à la nécessité de produire suffisamment pour survivre : toujours augmenter les troupeaux pour augmenter la production et avoir plus de subvention de la PAC. Cette logique a abouti à l’abandon du maraîchage et à une charge de travail harassante (traite, récolte du foin, transhumance) pour des bénéfices très modestes, ne permettant pas d’investir dans un peu plus de confort. Certes la ferme a fait le choix de proposer des produits de qualité (biologique) en gardant des prix très bas (accessibles à tous). En contrepartie, ses habitants survivent grâce aux subventions de la PAC dans une maison mal chauffée ou l’eau chaude n’est disponible qu’un jour sur deux.

La nouvelle génération saura-t-elle trouver de nouvelles orientations pour avoir le temps de véritablement profiter de ce lieu paradisiaque… Les éléments du succès sont à portée de main : un vaste terrain, de nombreuses ressources naturelles, le savoir des anciens, un état d’esprit proche de la nature et des consommateurs, des liens sociaux forts entre les membres même si ils sont parfois mis à mal par la charge actuelle de travail…

Stagones, des solutions originales…

J’ai ensuite visité le projet « stagones », qui a débuté il y a 5 ans lorsque Mathias, Stella et leur petit garçon se sont installés sur un terrain que possédaient leurs parents. Ils ont habité en caravane le temps de construire une maison en ballots de paille et en argile. Grâce à plusieurs séminaires, qui ont rassemblé plus d’une vingtaine de volontaires, ils ont pu construire leur maison, une cuisine extérieure et quelques autres structures en argile. Ils ont également construit une grande géode qui sert à présent d’atelier, de lieu de relaxation et de serre !

De nombreuses personnes ont rejoint leur communauté pour un temps ou de manière plus permanente. Il y a deux ans, ils ont investi dans un deuxième terrain dans la montagne où vivent à présent cinq personnes. Le terrain était assez isolé, sans route et sans source d’eau potable. Cela a poussé la communauté à trouver des solutions originales. Après avoir essayé d’utiliser un âne pour le transport du matériel lourd, ils se sont repliés avec succès sur une tyrolienne !! Ils ont également trouvé une source d’eau à deux kilomètres, qu’ils acheminent avec un long tuyau et stockent dans d’énormes sac en plastiques… Même leurs toilettes sont originales, construites en volets recyclés avec une magnifique vue et un très long baril noir exposé au soleil pour tuer toutes les mauvaises bactéries.

Pour en savoir plus, vous pouvez aller voir leur blog, c’est en grec, mais y’a plein de photos !!

Et voici les photos:

the big dome

Le projet Lisinia: sauvegarde de la nature et des animaux sauvages

Le projet Lisinia a débuté en 2007 sous l’impulsion du vétérinaire Öztürk. Il a acheté un vaste terrain d’environ 250 hectares avec divers objectifs :
– Créer un centre de réhabilitation pour les animaux sauvages blessés : le projet soigne actuellement de nombreux aigles, hiboux, cigognes et un cochon sauvage. Les animaux en état de se nourrir seuls sont relâchés dans la nature une fois guéris.
– Constituer un centre de sensibilisation et d’éducation sur l’agriculture biologique, les risques de cancer, l’assèchement du lac local, la conservation des semences…
– Cultiver des arbres fruitiers, des roses et de la lavande avec l’aide de volontaires
De nombreuses maisons en bois brute et en pierres ainsi que des tentes donnent au lieu des allures de forteresse. J’y ai passé une petite semaine en compagnie de volontaires turcs, ukrainiens, russes, canadiens, américains et indonésiens. Nous avons appris à élaguer des arbres fruitiers et tailler des rosiers tout en nourrissant les pensionnaires de centres animaliers.
J’ai aussi accompagné Öztürk lors de l’une de ses tournées nocturnes pour soigner une vingtaine de vaches. Je dois avouer que l’inspection interne des vaches m’a scotchée ! Nous avons aussi eu le temps de nous promener dans la montagne environnante couverte de fleurs et de chèvres, et avons failli nous enliser en essayant d’atteindre le lac 

Et voilà les photos:

12-IMG_0496

Si vous voulez être volontaire à Lisinia, vous pouvez contacter Efe sur la page Facebook du projet.

 

 

Bellbunya: à la découverte d’une jeune communauté…

Il y a tout juste 5 ans, une douzaine de personnes s’organisaient en association pour pouvoir acheter un terrain ensemble, et y vivre. Ils eurent la chance de trouver un lieu avec de nombreuses chambres, cuisines et même 6 droits de construire. Ils ne leur restaient donc plus qu’à vendre quelques droits de construire aux futurs membres de la communauté et contracter un prêt pour pouvoir s’installer. Aujourd’hui, les loyers payés par les résidents permettent de rembourser le prêt, mais personne n’a encore eu le temps ou l’argent pour construire sa propre maison…

Certains membres sont partis, d’autres sont arrivés, mais se sont toujours environ une douzaine de personnes qui se retrouve tous les soirs pour partager le dîner dans la « Bunya house », la maison commune. Certaines sont des membres « à l’essai », des invités, des volontaires permanents ou des woofeurs. Pour les autres repas, chacun se prépare son propre plat dans une cuisine très organisée : des étiquettes indiquent où tout se range, des couleurs indiquent ce qu’il faut consommer avec parcimonie et des notes rappellent de bien nettoyer, de ranger les boites avec leur couvercle ou qu’il y’a plein de courgettes dans le jardin !

Ainsi se côtoient un navigateur acuponcteur, une restauratrice guérisseuse par l’énergie reiki, un coach sportif fan de jus de légumes, une masseuse shiatsu, un jardinier acariâtre… Autant dire que les repas sont sains (beaucoup d’aliments crus et bio, peu de gluten et de produits laitiers) et l’atmosphère chargée d’énergie positive.  De nombreux tableaux d’affichage organisent la vie de la communauté : présence au repas, planning de la semaine, tâches pour les volontaires, réservation de la voiture commune…

J’y passe deux semaines avec Hélène que j’ai rencontré à Crystal Waters et j’ai la surprise d’y retrouver Dan que j’avais rencontré à Tacomepai en Thailande (le monde est toujours aussi petit !). Nous travaillons principalement dans le jardin et repeignons quelques meubles. J’y découvre l’art de faire des jus de légumes, y reçoit un soin reiki, un massage shiatsu et même une séance d’acuponcture après une analyse énergétique de mes méridiens. Bref, c’est le cœur lourd que nous quittons la communauté pour aller préparer le festival de Woodford…

Et voici les photos:

IMG_9222

Si vous souhaitez être volontaire dans cette communauté, vous pouvez contacter Joan directement en remplissant ce formulaire EN ANGLAIS: