La Recyclerie du Vigan, une longue aventure

J’ai passé une semaine à donner un coup de main à la Ressourcerie du Pont au Vigan dans les Cévennes, mais impossible de vous en parler sans vous présenter d’abord les guerriers Arc-en-ciel…

Il y a 15 ans, après des études en éducation populaire, Elise et Uto ont sillonné les routes pendant 5 ans en présentant un spectacle de pantomime sur la paix nommé “Noir et Blanc”. Puis ils ont rassemblé des centaines de personnes autours de la “Marche du vivant” en 2007 contre le réchauffement climatique et la glaciation sociale. Elle a relié les Pyrénées à Paris (1 000 km) en 4 mois. Ils se sont ensuite installés dans des cabanes au milieu de la forêt dans le Cantal, puis dans les Cévennes, en atteignant une belle autonomie. C’est à ce moment qu’ils ont organisé les premiers “Souffle du rêve”. Ils ont malheureusement dû quitter leurs cabanes et se sont retrouvés au Vigan. Mais loin de se décourager, ce défi a marqué le début d’une nouvelle aventure !!

Ils ont décidé de louer les 3 5000 m² d’une ancienne usine textile pour y installer une ressourcerie, cad un lieu ouvert au public avec de nombreux espaces:

  • une recyclerie où ils revendent des meubles, des vêtements, des jouets, des bibelots
  • des ateliers de remise en état: menuiserie, travail du métal, test électrique…
  • des ateliers artistiques: couture, peinture, instruments de musique…
  • des espaces culturels et de détente: cinéma, bibliothèque, espace enfants…
  • mais aussi une cuisine, un bureau, beaucoup de pièces de stockage…

En une semaine, j’y ai nettoyer et ranger beaucoup d’objets et même les bords de la rivière voisine, cuisiner beaucoup de légumes, cueilli des plantes sauvages, rencontrer beaucoup de gens ayant des envies similaires aux miennes, participer à nombreux cercles de paroles… Bref, beaucoup de moments enrichissants qui donnent de l’espoir !!

Alors si vous avez envie de soutenir ce magnifique projet, rendez-vous sur le site HelloAsso où ils ont lancé une collecte pour pouvoir acheter le lieu. Une super vidéo y montre aussi les débuts de la recyclerie…

Et voici quelques photos de mon passage à la Recyclerie du Pont:

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Bergers franciscains au cœur des montagnes

Une fois passé la magnifique ville perchée de Sisteron, nous nous enfonçons dans la montagne sur plus de 20 km . Après de nombreux virages, nous arrivons de nuit au milieu de la forêt. Nous déchargeons les deux mulets que nous avons dressé à la traction pour les propriétaires, et nous nous mettons en route dans le noir… Au bout d’une 20aine de minutes, nous arrivons devant de petites cabanes entourées d’ânes et de mulets, nous voilà enfin arrivé chez François et Corinne !

C’est ici, à 1 200 m d’altitude, au cœur de la nature, que François a décidé de s’installer, il y a presque 30 ans. Il a commencé par construire de petites cabanes rudimentaires en bois, avant de les relier à l’eau de source et à des panneaux solaires. Il y vivait seul avec ses brebis, chèvres, ânes et mulets et toute une basse-cours jusqu’à ce que Corinne ne le rejoigne.

Ayant adopté un mode de vie franciscain, sobriété et autonomie sont les maîtres-mots. Le chauffage et l’eau chaude se font au bois, les panneaux solaires alimentent quelques ampoules, mais les repas sont pris habituellement à la bougie. Le couple produit son propre pain et son propre fromage. Ils font du maraîchage et travaillent le sol à la traction attelée. Ils passent la majeur partie de leur temps dans la montagne, à garder leur troupeau de chèvres pour éviter les attaques de loups, très présents dans la région.

En été, ils accueillent quelques volontaires pour leur donner un coup de main grâce au site “Volontaires Nature”.

Et voici quelques photos du lieu:

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La REcyclerie, une alternative écologique et sociale au coeur de Paris

La REcyclerie a ouvert ses portes le 14 juin 2014 dans l’ancienne gare SNCF d’Ornano de la petite ceinture porte de Clignacourt, après 8 mois de travaux. Le lieu tourne autours des valeurs des 3 R (Réduire, Réutiliser, Recycler) et du “Do it yourself”. On peut ainsi y découvrir différents espaces de restauration, de détente, de jardinage, de bricolage…

  • le café-cantine propose des plats à partir de fruits et légumes locaux, certains sont végétariens ou végétaliens. Un soup-bar propose des soupes savoureuses de différents formats. La mezzanine et la terrasse offre des espaces de détente agréables pour se retrouver entre amis ou se connecter à Internet. Le lieu est peu bobo et malheureusement les prix aussi. Mais vous pouvez toujours prendre un café à 1 euro !
  • l’atelier de René permet de donner une deuxième vie à tous les objets de la maison. René vous aide à faire les réparations et prête même gratuitement aux adhérents des outils variés…
  • la ferme urbaine couvre environ 400 m² avec des plantes aromatiques, des fruits et des légumes. Elle accueille aussi des poules et des poissons rouges en aquaponie (les plantes sont arrosées avec l’eau enrichie par les excréments de poissons). Elle devrait également accueillir 3 ruches d’ici 6 mois. Grâce à l’utilisation de buttes surélevée et de cultures verticales, la surface de culture est plus que doublée, une nécessité à la ville où l’espace est limité. Chaque mètre carré est utilisé, même les toits.
  • de nombreux ateliers tout au long de la semaine permettent de visiter les jardins, d’apprendre à faire ses produits cosmétiques, sa boite à lombri-compost, recycler ses vêtements, son vieux cuir, mais aussi faire des massages ou du yoga… Avec l’arrivée de la Cop21, l’agenda n’en est que plus fourni !!

J’ai participé à une après-midi de discussion organisée par l’association “Français, langue d’accueil” pour aider des immigrés en provenance d’Afghanistan et d’Iran à mieux assimiler le français. Puis le lendemain, je suis revenue pour visiter plus en profondeur les jardins urbains…

Et voici quelques photos (cliquer sur la photos pour en voir plus):

Le domaine de Séoule, une autonomie familiale au milieu des ocres

Dans ma quête d’autonomie, j’ai atterri un peu par hasard chez Olivier Augier, meneur de chevaux, guide de Pays et naturaliste. Pour utiliser moins de machines, il me semble en effet indispensable de pouvoir travailler de manière autonome avec des animaux attelés, que ce soit des ânes, des mulets ou des chevaux. Olivier a donc proposé de me former à devenir meneuse de chevaux d’ici le printemps. Une opportunité que je n’ai pas pu refusée… J’ai donc rapidement embarqué vers Roussillon au milieu des mines d’ocres et des vergers rougeoyants.

J’y ai découvert une nouvelle autonomie, plus familiale que communautaire… Au milieu des cerisiers et des oliviers, se niche un grand mas de ferme couvert de panneaux solaires. C’est là que ce sont installés les parents d’Oliviers, depuis 1967. Il ont été parmi les premiers à cultiver de manière biologique à une époque où personne ne se préoccupait de cette question. Parmi leur neuf enfants, 6 ont repris le flambeau…

Aujourd’hui, le domaine de Séoule produit de nombreuses ressources: le mère d’Olivier continue à produire du fromage de chèvre, de l’huile d’olive et du pain grâce au blé meunier d’Apt, le père d’Olivier continue à tuer des poules, des moutons, des chèvres et des cochons pour les transformer en brochettes ou en saucisses, Sylvie, l’une des sœurs, entretient un potager et produit du vin biologique, Patrick, l’un des frères, produit des jus de fruits et Ludovic, un autre frère, s’investit dans les éco-constructions.

Olivier enfin est meneur de chevaux. Il propose des promenades touristiques en calèche attelée à la découvert des ocres, des vins du Lubéron mais aussi des plantes sauvages. Il fait aussi de l’élevage, du dressage et travaille la terre avec ses chevaux. Il a beaucoup voyagé à vélo et à cheval. Avec leur association Vents Nomades, Elsa et lui sont partis 3 ans et 3 mois en tandem à travers l’Europe, l’Asie, l’Océanie et l’Amérique… Il cherche aussi un terrain pour s’installer à plusieurs. En attendant, sa maison ne désemplit pas, accueillant les nombreux amis et stagiaires de passage, autours d’un bon repas, d’un bon vin, de projection de vidéos de voyage, de grillades autours du feu (le tout local et biologique bien sûr) mais aussi de quelques travaux agricoles, dressage ou balade à cheval.

Et voici quelques photos (en cliquant sur le lien):

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Le souffle du rêve – rêve de convergence

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 Cette année, j’ai participé à la troisième édition du Souffle du rêve. C’est un rassemblement autogéré hors du commun qui a réuni pendant deux semaines dans le Gars de très nombreux acteurs de la transition vers un monde plus écologique et solidaire. Tout était à prix libre et favorisait un faible impact écologique. Le lieu était organisé autours de plusieurs pôles de réflexion: l’autonomie alimentaire, l’autonomie énergétique, l’artisanat, les arts vivants, la santé (Espace Respire), les éco-constructions (Espace Village du possible), les enfants… L’évènement était à l’initiative de l’association éRe d’évolution , et a rassemblé plusieurs centaines d’acteurs et des milliers de participants. Pour en savoir plus, vous pouvez aller consulter le site du Souffle du rêve

Ce qui m’a surtout frappé, c’est la cohérence de l’ensemble de l’évènement à travers:

  • l’autonomie énérgétique de l’évènement grâce à des panneaux solaires et à un générateur à huile apportés sur place
  • l’autonomie sanitaire grâce à des toilettes à compost, des douches, des tranchées pour évacuer l’eau et même un lave linge à pédale.
  • la gestion des déchets grâce à l’utilisation de vaisselle lavable ou biodégradable. De nombreux déchets ont été triés sur place et une partie directement réutilisés par les intervenants (fer à béton pour les forgerons, bocaux pour les cuisines, briques et plastique pour les artistes…)
  • l’autonomie alimentaire grâce à la participation de producteurs locaux de légumes, miel, spiruline mais aussi la présence de cuisines auto-gérées et de restauration proposant des aliments bio et végétaliens à prix libre
  • la richesse et la diversité des conférences et ateliers pratiques, en particulier nous avons eu droit à des conférences de Maurice Chaudière (greffage et apiculture alternative), Eric Escoffier (régénération des sols) et Thierry Casanova (régénération du corps).
  • l’autogestion de l’évènement, car chacun pouvait proposer spontanément un atelier, une conférence, une discussion ou donner un coup de main au parking, à l’aménagement du site, aux cuisines, au tri des déchets… L’autogestion c’est vraiment pas facile, surtout quand tout le monde n’y est pas sensibilisé, mais qu’est-ce que c’est grissant de se sentir plus utile et autonome !!
  • la tentative de faire émerger une vraie intelligence collective à travers les nombreux débats dans l’agora autours de thématiques variées et grâce à des intervenants nombreux, bien renseignés et d’horizons divers
  • la variété des associations invitées qui a permis de vraiment faire converger de nombreuses initiatives en faveur d’une transition, comme par exemple:

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Pour voir quelques photos, cliquez ci-dessous:

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Et voici une petite vidéo sur les Guerriers de l’Arc-en-Ciel à l’initiative du rassemblement:

Petit stage de cuisine sauvage

Grâce à ma formation en BPREA, j’ai pu participer à 3 jours de formation sur les plantes sauvages comestibles près de Lons le Saunier. Cette formation marque le début d’une frénésie de cuisine sauvage car, avec le printemps, les prés deviennent de véritables gardes-manger. Je cuisine ainsi pour les couchsurfeurs qui m’hébergent, pour la naissance de mon petit filleul Maël et aussi pour mon papa et Jean-François dans le Morvan et les habitants de Longomaï…

Nous avons passé une première journée à identifier toutes les plantes comestibles disponibles. Sur juste une centaine de mètres, nous en avons identifiés une 30aine. Le deuxième jour, nous avons élaboré un « menu sauvage », avant d’aller ramasser toutes les plantes nécessaires. Nous avons passé le reste du temps à préparer tous les plats pour pouvoir les déguster ensemble le dernier jour de la formation.

« Menu sauvage de printemps »

Apéritifs
Cornet de tilleul frit fourré aux aspergettes
Toast de pesto d’origan
Velouté de gaillet
Vin blanc aromatisé à l’aspérule et à la mélite,
Sirops calamen-aubépine et ortie

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Entrées
Samossa à l’aspergette
Salade sauvage
Aspergettes
Fromage et beurre aromatisés aux herbes
Croque à l’achillée et au chèvre frais

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Plats principaux
Lasagne à la grande berce, pulmonaire, primevère
Tarte à l’ortie
Taboulé de plantes sauvages
Beignet de consoude
Velouté de gaillet

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Desserts
Gâteau chocolat – lierre terrestre
Crème anglaise aromatisée
Beignet de faux-acacia
Crème glacée au sapin
Sorbet de grande berce
Boutons de salsifis caramélisés

Pour les recettes, c’est par LA, sinon voici quelques photos pour vous mettre en appétit:

La fête du printemps à Eourres

Eourres est un village alternatif de 140 habitants perché à 1000m d’altitude dans les Alpes de Hautes Provence. D’abord occupé par une communauté dans les années 70, ce hameau autrefois en ruine est aujourd’hui redevenu un village avec sa mairie et ses boutiques, mais un esprit écolo et solidaire y plane encore… J’y ai passé le week-end du printemps pour rendre visite à un ami qui y suit une formation à l’autonomie (éco-construction, maraîchage, arboriculture…) de 6 mois proposée par l’association « Sens et Autonomie ». Après une soirée festive pour l’arrivée du printemps dans la vallée, nous avons passé le dimanche à faire du pain et préparer une soirée pizza…

La vie à Eourres n’est est pas aussi communautaire qu’à Longomaï : chacun a sa maison, les repas ne sont pas pris en commun et les échanges restent souvent financiers… Toutefois, l’entre-aide est très développé et les activités culturelles à prix libres sont nombreuses. Les centres névralgiques de village sont la mairie où les habitants se retrouvent une fois par mois pour discuter et prendre des décisions, mais aussi le four à pain où sont organisées des soirées pizzas, la salle communale où se déroulent divers évènements, la biocoop et la panneau d’affichage où on s’informe de tous les évènements et les possibilités de covoiturage…

L’économie du village est tournée vers l’éco-tourisme et propose de nombreuses formations. “L’Oseraie du Possible” propose par exemple de nombreuses formations à la vannerie en osier bio, vivante ou sauvage… Des agriculteurs et des éleveurs bio, ainsi qu’un boulanger fournissent des produits de qualités aux habitants. Toutefois, une seule maraîchère bientôt à la retraite est installée. Le village abrite également une école Steiner pour la maternelle et le primaire.

Et voici quelques photos:

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